Diététique chinoise

Pour en savoir plus, consultez aussi notre section Médecine chinoise 101.

La cuisine chinoise est célèbre pour ses mets aux 1 000 saveurs et ses banquets aux innombrables plats raffinés... Il n'y

a pas de doute, la Chine a bel et bien développé une connaissance approfondie de l'alimentation. Mais il ne s'agit pas

que de gastronomie : la diététique chinoise est d'abord conçue pour entretenir la santé, à partir des principes de base

de la Médecine traditionnelle chinoise (MTC). « La médecine et les aliments proviennent de la même source », dit un

proverbe chinois. Cette diététique est d'ailleurs l’une des 5 pratiques de la MTC, les 4 autres étant l'acupuncture, la

pharmacopée chinoise, le massage Tui Na et les exercices énergétiques (Qi Gong et tai-chi). Elle sert donc à soigner,

bien que d'une façon moins puissante que la pharmacopée ou l'acupuncture, par exemple.

Selon les théories de la diététique chinoise, tous les aliments possèdent des propriétés entraînant une action sur le

corps et susceptibles d'agir sur la maladie. Ces théories reposent d'abord sur les grands principes de la Médecine

traditionnelle chinoise, comme le Qi, le Yin et le Yang, etc. (Pour une présentation de ces principes, voir la fiche générale

Médecine traditionnelle chinoise.)

Les qualités particulières et subtiles des aliments

En Occident, les individus sont considérés comme ayant des besoins à peu près comparables et les aliments sont

analysés en fonction de leur teneur en éléments nutritifs : vitamines, gras, protéines, etc. La diététique chinoise

considère plutôt que chaque personne représente un « terrain » distinctif et qu’elle ne sera pas sensible aux mêmes

aliments. De plus, les aliments sont surtout classifiés en fonction de critères qualitatifs plutôt que chimiques ou

biologiques. Ces critères n'en sont pas moins codifiés de façon précise. Voici les principaux.

- La vitalité de l’aliment. Elle dépend de sa fraîcheur, du mode de culture ou d'élevage, du type de cuisson et de son

intégrité (transformation minimale par raffinage, broyage, irradiation, etc.). Plus la vitalité d'un aliment est forte, plus il est

bénéfique.

- La nature de l’aliment. Elle correspond, entre autres, à l'effet thermique et physiologique qu'il produit dans le corps,

indépendamment de sa température au moment de l'absorption. Cette caractéristique se présente selon un continuum :

froid, frais, neutre, tiède, chaud.

On peut dire que les aliments de type tiède ou chaud ont pour effet d'augmenter l'activité métabolique et de fortifier

l'énergie Yang. Les aliments de type frais ou froid ont la propriété de « refroidir la Chaleur », de ralentir les réactions de

l'organisme et de soutenir l'énergie Yin.

Bien qu'ils possèdent d'autres propriétés, les aliments de type neutre n'ont pas d'effet thermique et devraient composer

une partie importante du repas, puisqu'ils nourrissent et renforcent l'organisme sans le déstabiliser. Voici quelques

exemples d'aliments en fonction de leur nature. (À noter que la classification peut légèrement varier selon les auteurs.)

Froid : asperge, céleri, tomate, banane, crabe.

Frais : aubergine, blé, mangue, blanc d'oeuf, huître.

Neutre : arachide, chou, ananas, beurre, boudin.

Tiède : citrouille, oignon, riz, poulet.

Chaud : alcools forts, gingembre sec, piments.

Toutes les natures doivent habituellement être présentes dans un repas, mais généralement dans des proportions qui

diffèrent en fonction de la constitution de chacun.

- La saveur de l’aliment. Chaque saveur (piquante, douce, amère, acide, salée) engendre une activité spécifique dans

l'organisme. Chacune permet également de nourrir un des Organes et, à travers celui-ci, tout le système qui en dépend.

L'harmonie des saveurs est fondamentale à l'équilibre, car manquer d'une saveur induit la malnutrition de toute une

catégorie de fonctions. En contrepartie, l'excès d'une saveur se retourne contre l'énergie de l'Organe auquel elle est

associée. On peut dire, par exemple, que l'alimentation occidentale souffre d'un excès de saveur douce à cause de la

surabondance d'aliments sucrés (le sucré est de la saveur douce très concentrée). Voici quelques exemples d'aliments

en fonction de leur saveur.

Piquant : oignon, radis, huile de soya, coriandre.

Doux : boeuf, caille, carotte, tofu, réglisse.

Amer : foie de porc, laitue, rhubarbe, vinaigre.

Acide : fromage, tomate, cerise, raisin.

Salé : canard, crabe, sauce soya, algues.

- La « forme » de l’aliment. Elle désigne 3 caractéristiques : sa couleur (vert, rouge, jaune, blanc, noir), sa consistance

(dur, fibreux, charnu, croquant, mou) et son degré d'hydratation (humidifiant ou asséchant).

L'harmonie des couleurs d'un repas joue surtout sur le plaisir des yeux, qui est important pour une bonne digestion. La

consistance des aliments va conditionner la façon de mastiquer, de déglutir et d'assimiler leur énergie. Un équilibre entre

différentes consistances est donc souhaitable. Quant au degré d'hydratation, disons que les aliments hydratants sont

indispensables pour renouveler les liquides organiques, mais ne doivent pas être pris en excès, au risque de provoquer

des troubles de l'Humidité et des mucosités.

Quelques autres principes

Outre les propriétés des aliments eux-mêmes ainsi que la constitution et la condition du mangeur (s’il a une grippe, par

exemple), les Chinois considèrent que d’autres facteurs influencent l'effet d'un aliment ou d'un repas.

La provenance de l'aliment : les végétaux ayant poussé à proximité sont plus appropriés à notre constitution que ceux

venus d'une autre région du monde.

Le mode de préparation : de façon générale, les aliments cuits sont préférables aux aliments crus.

Le contexte : climat, saison, heure du repas.

Le cadre : ambiance du repas.

En résumé, la diététique chinoise comprend un ensemble de règles d'hygiène alimentaire dont la théorie et la pratique

sont basées sur des observations établies au cours des millénaires. Son objectif est très pratique. Il consiste à

contribuer à la santé en fonction de la constitution de chacun à l'aide des produits de la nature.

 

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Applications thérapeutiques de la diététique chinoise

Comme mode de prévention

Les données scientifiques sont on ne peut plus claires : l'alimentation occidentale est source de

nombreux problèmes de santé et même de maladies graves. Si les principes de la diététique

chinoise semblent compliqués et rébarbatifs à première vue, quelques-uns peuvent être intégrés

assez facilement dans les habitudes alimentaires - ne serait-ce que pour, dans une première

étape, favoriser une meilleure digestion. Le reste suivra graduellement.

Comme approche curative

Dans la plupart des cas, les aliments ne sont pas assez concentrés pour exercer une importante action curative. Ils

peuvent toutefois agir en complémentarité avec d'autres thérapeutiques pour aider à rétablir l'équilibre des forces

d'autoguérison.

Les règles de la diététique chinoise peuvent aussi être fort utiles pour soigner un grand nombre de problèmes liés au

système digestif, lorsque ces problèmes sont causés par une alimentation inadéquate.

En ce qui concerne l'obésité, la Médecine traditionnelle chinoise - sans nier le rôle des facteurs génétiques, héréditaires

et familiaux - propose un point de vue particulier, toujours en fonction de la constitution particulière de chaque individu.

Par exemple, le choix de certains aliments se fera en fonction du tempérament. En bref, disons que les constitutions très

Yin digèrent mieux les aliments Yang et vice-versa (voir le test sur le site La diététique du Tao). Par ailleurs, l'obésité peut

être causée par un excès d'Humidité et de mucosités attribuable à une faiblesse de la Rate. Une alimentation tenant

compte de ce principe pourrait aider à rétablir un poids normal. Un praticien de médecine chinoise pourra vous suggérer

une alimentation pertinente pour ce problème.

Pour soigner avec les aliments, il faut être en mesure de cerner les déséquilibres dans l'organisme et leurs causes. Ce

genre d'analyse ne peut être mené que par une personne dûment formée à la Médecine traditionnelle chinoise ayant

intégré les notions de diétothérapie dans sa pratique (docteur, praticien ou acupuncteur).

Recherches

La diététique chinoise a fait l’objet de très peu d’études cliniques aléatoires. La majorité des écrits portent surtout sur la

description des concepts de base de l’approche selon certains problèmes de santé1-4.

En 2009, une étude de petite envergure a montré que la diététique chinoise pouvait être une thérapie complémentaire

dans le traitement de l’hypertension chez les individus présentant un déséquilibre du Yin et du Yang5.

Il n’est donc pas possible pour le moment de statuer de façon formelle sur l’efficacité de cette thérapie pour la majorité

des utilisations proposées.

 

Section Applications thérapeutiques

Recherche, rédaction et révision scientifique : Claudine Blanchet, Ph. D., Chaire en approche

intégrée en santé, Université Laval.

(décembre 2010)

La diététique chinoise en pratique

Le changement d'habitudes alimentaires est un processus très lent. Aucun livre ou stage ne peut transformer votre façon

de manger : il faut s'exercer tous les jours.

Cela dit, les conférences, cours ou stages peuvent grandement aider à comprendre les principes et à les appliquer sans

trop de confusion. Ces activités sont souvent organisées par des acupuncteurs, des professeurs de Qi Gong ou des

instituts de formation en médecine chinoise.

Si on est un peu familiarisé avec les principes de la MTC, on peut aussi arriver à prévenir ou soigner quelques affections

courantes. Plusieurs ouvrages donnent des conseils en ce sens (voir Livres, etc.). Vous pouvez également consulter

l’article Les aliments qui guérissent qui fait le pont entre théorie et pratique et propose diverses recettes.

Formation en diététique chinoise

La formation de docteur en Médecine traditionnelle chinoise (MTC) comprend tous les aspects de la diététique chinoise,

qui est, rappelons-le, une des 5 pratiques de la MTC. À notre connaissance, aucun établissement québécois ne décerne

actuellement de tel diplôme, mais il y en a en Europe.

Les acupuncteurs possèdent des notions de diététique. Avec les docteurs en MTC, ils sont les seuls formés pour faire

l'analyse des déséquilibres selon les principes de la MTC et pour prescrire une thérapie alimentaire. Pour la formation en

acupuncture, voir la fiche en question.

Certains instituts de MTC peuvent offrir une formation de conseiller en diététique chinoise. Les détenteurs de ce diplôme

ne peuvent toutefois pas faire de diagnostic ni pratiquer de « diététique médicale ».

Diététique chinoise - Livres, etc.

Sionneau Philippe et Zagorski Richard. La diététique du Tao - Une sagesse millénaire au service de votre santé, Guy

Trédaniel éditeur, France, 2001.

Un excellent ouvrage de vulgarisation, loin des recettes.

Il existe de nombreux livres d'introduction à la diététique chinoise. En voici quelques-uns.

Meunier Pierre-Henri. La santé vient en mangeant - Précis de diététique chinoise traditionnelle à l'usage de tous, PHM

éditions, France, 1994.

Charles Georges. La table du dragon - Tradition gastronomique et diététique chinoise, Éditions Chariot d'Or, France,

2000.

Mian Sheng Hu, Angles Michel et Darakchan Siavoch. Savoir manger pour savoir vivre - Introduction à la diététique de

la médecine traditionnelle chinoise, Éditions du Rouergue, coll. Santé en Chine, tome 1, France, 1993.

Chen You-wa. La diététique du yin et du yang - L'alimentation adaptée à votre tempérament et à votre santé, Éditions

Robert Laffont, France, 1995.

Diététique chinoise - Sites d’intérêt

La diététique du Tao

Site qui présente certains éléments du livre du même titre, de Philippe Sionneau, un des docteurs en médecine chinoise

les plus réputés en Occident. Sur la page d’accueil, on trouve un amusant petit test : Êtes-vous Yin ou Yang?

www.ladietetiquedutao.com

L'Institut supérieur de médecine chinoise

Le site se définit comme le site scientifique de la médecine chinoise. Clair et rigoureux.

www.guangming.ch

 

Recherche et rédaction : PasseportSanté.net

Mise à jour : janvier 2011

 

Diététique chinoise - Références

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d'autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu'un

lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l'information désirée.

Bibliographie

Sionneau Philippe et Zagorski Richard. La diététique du Tao – Une sagesse millénaire au service de votre santé. Guy

Trédaniel éditeur, France, 2001.

Beinfeld Harriet et Korngold Efrem. Between Heaven and Earth – A Guide to Chinese Medicine, Ballantine Books,

États-Unis, 1991.

Sionneau.com [Consulté le 22 septembre 2010]. www.sionneau.com

Notes

1. Deng Z. TCM dietotherapy for hypertension. J Tradit Chin Med. 2010;30(3):235-6.

2. Deng Z. Dietotherapy for hyperlipidemia. J Tradit Chin Med. 2009;29(4):286-7.

3. Deng Z. TCM diet therapy for bronchial asthma. J Tradit Chin Med. 2009;29(3):209-10.

4. Lee MM, Shen JM. Dietary patterns using Traditional Chinese Medicine principles in epidemiological studies. Asia

Pac J Clin Nutr. 2008;17 Suppl 1:79-81.

5. Shen C, Pang SM, Kwong EW, Cheng Z. 

The effect of Chinese food therapy on community dwelling Chinese hypertensive patients with Yin-deficiency. J Clin